Réseau d'information sur les municipalités — MRC de Rivière-du-Loup

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Sylvie Vignet et Michel Lagacé rejettent l’élection du préfet au suffrage universel

21 mars 2021

Le préfet Michel Lagacé et la mairesse de Rivière-du-Loup rejettent finalement l’élection du préfet au suffrage universel. Ils ont pris cette position lors de la séance du conseil de la MRC du jeudi 18 mars.

À une question expédiée par l’ex-maire Simon Périard, la mairesse de Rivière-du-Loup Sylvie Vignet a nié avoir fait volte-face et a affirmé que ses propos de la campagne électorale en 2017 n’étaient pas une promesse. « Quand je suis rentrée en poste, je n’avais jamais travaillé avec la MRC et ça m’a permis de travailler avec cette équipe et avec tous les élus. Au moment où vous avez déposé cette résolution-là, il fallait en discuter et c’est toujours ce que j’ai dit », a-t-elle affirmé au sujet de la résolution que M. Périard avait tenté de faire adopter en 2019.

« La discussion a été très franche […] Personnellement et ensuite collectivement avec mes collègues, on a choisi de ne pas aller au suffrage universel. Je suis tout à fait en accord avec la décision qui a été prise et je parle maintenant en connaissance de cause. », s’est-elle défendu.

Enregistrement audioExtrait audio de la période de questions à la MRC: Vignet et Lagacé tournent le dos à l'élection du préfet au suffrage universel
MRC de Rivière-du-Loup, le 18 mars 2021

Après son élection en 2017, Mme Vignet avait déclaré que « la démocratie en serait gagnante. C’est quand même maintenant des budgets beaucoup plus gros à gérer, quand on est rendu à pratiquement 10 millions $ de chiffre d’affaires à gérer, je pense qu’on serait rendu là, sincèrement. »

Enregistrement audioLa mairesse de Rivière-du-Loup appuie l'élection du préfet de la MRC au suffrage universel [0m34s]
CIEL-FM, le 5 décembre 2017
Enregistrement audioEntrevue avec le préfet Michel Lagacé [17m25s]
CIEL-FM, le 4 décembre 2017

À une question du porte-parole du Réseau Roger Plante, le préfet Lagacé fut peu bavard. « La discussion s’est faite au conseil des maires de la MRC » en présence de M. Périard, a-t-il indiqué. « On a disposé du sujet. » « Pour certaines MRC c’est la recette, pour d’autres, ça ne l’est pas », a-t-il conclu.

Le Réseau déçu

Le Réseau d’information sur les municipalités se montre extrêmement déçu. La MRC devait adopter un règlement pour le 1er mai afin que le préfet soit élu par la population. Plusieurs nouvelles MRC ont fait ce choix pour 2021. C’est le cas des MRC des Collines-de-l’Ouatouais et du Domaine-du-Roy.

Schéma d’aménagement délaissé pendant 20 ans, SÉMER, gestion déficiente des matières résiduelles, incompétence en prévention incendie... Les sujets d’insatisfaction se sont accumulés à l’endroit de la MRC. « Nous avons démontré au cours des dernières années non seulement que la MRC a un gros impact sur les affaires municipales, mais aussi que le travail est mal fait », estime le Réseau.

« La décision annoncée va encore empêcher les décideurs de la MRC de rendre des comptes », déplore-t-il. Il rappelle que le préfet Lagacé n’a jamais affronté d’adversaire au cours d’une seule campagne électorale municipale depuis qu’il est maire en 1997 et préfet en 2002.

« C’est non seulement le manque de courage des maires, mais celui de tous les 76 conseillers municipaux de la MRC qui est responsable de cette décision, rappelle le Réseau. Ceux-ci auraient pu adopter des résolutions dans leurs municipalités respectives pour réclamer l’élection du préfet au suffrage universel dans l’intérêt de la population. Aux prochaines élections municipales, le Réseau souhaiterait voir les électeurs privilégier chez leurs élus le courage, la curiosité et le respect de la démocratie plutôt que l’arrogance et le conformisme.

Quant à Sylvie Vignet, le Réseau se demande ce qu’un électeur louperivois en faveur du suffrage universel aurait pu faire de plus en 2017 que voter pour elle au regard des positions adoptées pendant sa campagne. « Promesse ou non, Mme Vignet avait créé des attentes qu’elle a trahies. Elle se comporte aujourd’hui comme si elle ne devait de comptes qu’à elle-même, ce qui n’est plus vrai quand on a été élu en s’exprimant sur divers sujets », juge le Réseau, qui cherche désormais ailleurs un homme ou une femme de pouvoir pour la Ville.