Réseau d'information sur les municipalités — MRC de Rivière-du-Loup

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À mi-mandat, l’urbanisme reste le parent pauvre dans la MRC

29 octobre 2019

À quelques jours de la mi-mandat des élus municipaux, le Réseau d’information sur les municipalités dresse un bilan peu reluisant de l’urbanisme dans la MRC et la Ville de Rivière-du-Loup. Il reproche aux élus en place de négliger cet aspect important de leur mission.

Du côté de la MRC, qui est tenue de disposer d’un schéma et de le réviser entièrement tous les cinq ans, quatre préfets se sont succédé depuis que le schéma entré en vigueur en 1987 a atteint sa date d’expiration, il y a 27 ans. Le dernier, Michel Lagacé, est en poste depuis 17 ans. S’il avait fait son travail, il aurait dû s’attaquer immédiatement à un nouveau schéma et aurait eu le temps de le réviser entièrement trois autres fois. Selon le Ministère des affaires municipales, il s’agit de la mission numéro un des MRC. M. Lagacé se défend en affirmant que les nombreuses modifications mineures (plus d’une trentaine) assurent un schéma à jour. Mais l’absence d’une révision complète empêche l’intégration de composantes essentielles, les orientations gouvernementales évoluant constamment. Tous les experts consultés par le Réseau affirment que gouverner avec des règlements intérimaires n’assure pas de vision à long terme et nuit à la qualité du contenu. En août dernier, une tentative de révision a été rejetée par le gouvernement pour la deuxième fois en raison de ses nombreuses lacunes. Le préfet n’a averti les maires qu’un mois et demi plus tard. Selon les experts consultés, étant donné l’accompagnement constant du Ministère des affaires municipales dans la conception, des avis négatifs avaient certainement été donnés avant le dépôt mais les élus avaient probablement décidé de les ignorer et de soumettre officiellement leur projet malgré tout.

Du côté de la Ville de Rivière-du-Loup, elle avait commencé la révision de son plan d’urbanisme en 2015. Mais depuis le départ de l’urbaniste Nicolas Gagnon, la révision est paralysée. Celui-ci a admis publiquement l’été dernier être parti parce que l’urbanisme n’était pas important pour les élus de la Ville : « Travailler sur un plan d'urbanisme avec un conseil qui a comme principe de laisser tout passer sous prétexte que n'importe quel projet serait du "développement" ne faisait aucun sens pour moi. J'ai travaillé depuis 20 ans avec de très nombreux conseils municipaux, dans plusieurs municipalités. Celui-ci est, pour de très nombreuses raisons que j'ai ici à peine effleurées, un des pires avec lequel j'ai eu à collaborer ». Ces propos ont été corroborés par l’ancien responsable des communications, parti parce qu’il en « avait assez de faire du plein avec du vide ». Le Réseau estime que ces témoignages crédibles et sans appel auraient dû entraîner la démission de la majorité des élus de la Ville et un profond changement dans la culture organisationnelle. Il n’en fut rien.

On sait que le dossier du schéma d’aménagement et de ses répercussions dans les règlements d’urbanisme et de zonage est un dossier complexe et technique. Cependant, les choix politiques dans ce domaine ont des impacts bien réels dans la vie quotidienne, sur la sécurité publique et la protection de l’environnement. Le Réseau encourage donc fortement tous les acteurs de l’information locale à prendre connaissance des lois québécoises en matière d’urbanisme avec l’aide de professionnels qualifiés, pour être capables de porter un œil critique sur le bilan désastreux des élus locaux dans ce domaine depuis les dernières années.