Réseau d'information sur les municipalités — MRC de Rivière-du-Loup

Actualités

Caserne Rosaire-Gendron: la MRC doit défendre son schéma de couverture de risques

8 janvier 2019

Le Réseau d’information sur les municipalités appelle la MRC de Rivière-du-Loup à intervenir pour défendre la validité de son schéma de couverture de risques en sécurité incendie face à la Ville de Rivière-du-Loup qui souhaite maintenir une caserne incendie sur un site à risque.

Le Réseau estime d’ailleurs que la MRC aurait dû intervenir publiquement dès l’annonce de la réfection de la caserne Rosaire-Gendron. Maintenant que la Ville rejette ouvertement le contenu du schéma de couverture de risques, le préfet de la MRC Michel Lagacé ne peut plus éviter de rappeler la Ville à l’ordre.

« La caserne de la ville de Rivière-du-Loup est située à proximité de la voie ferrée, ce qui fait d’elle une caserne vulnérable en cas d’accident ferroviaire dans son voisinage », peut-on lire dans le document. Cette voie ferrée sert au transport de matières dangereuses, est-il indiqué.

Le Réseau reproche au directeur du Service de sécurité incendie, Éric Bérubé, de ne pas avoir mentionné ce risque lors de sa présentation du projet de réfection de la caserne Rosaire-Gendron en avril 2018, alors qu’il ne pouvait pas ne pas être au courant de cette affirmation du schéma de couverture de risques. Il a donc manqué à son devoir.

Le directeur général de la Ville, Jacques Poulin, a appuyé publiquement le projet de réfection de caserne, alors qu’il était en poste en 2010 lors de l’entrée en vigueur du schéma de couverture de risques. Il ne pouvait pas non plus ignorer la vulnérabilité de l’emplacement de la caserne. Les conseillers municipaux présents à ce moment ont également une responsabilité, dont la mairesse Sylvie Vignet qui était alors conseillère.

Le Réseau reproche à la Ville d’avoir dépensé des fonds publics pour concevoir les plans et devis d’une caserne rénovée, alors qu’il était impossible de respecter les normes nord-américaines minimales de sécurité ferroviaire. La caserne Rosaire-Gendron est située à 20 m de la voie ferrée. Or, le rayon minimal d’évacuation immédiate en cas d’incendie ou de déversement d’une petite quantité de propane est de 154 m, et celui en cas de déversement d’un wagon d’ammoniac, de 300 m.

Le 7 janvier, la mairesse Sylvie Vignet a indiqué que le fait que le schéma de couverture de risques décrive la zone de la caserne incendie comme à risque ne constituait pas un facteur de décision. Le Réseau considère cette déclaration comme incompréhensible et irresponsable. Il rappelle à la mairesse que le schéma de couverture de risques en sécurité incendie est un instrument de planification imposé par le ministère de la Sécurité publique.

Alors que le directeur du Service de sécurité incendie, la MRC, le directeur général et les élus municipaux ont tous ignoré un après l’autre le schéma de couverture de risques, ce dossier illustre à quel point les citoyens sont laissés à eux-mêmes devant l’irresponsabilité de tous les acteurs locaux chargés de les gouverner. Le Réseau demande au gouvernement de n’accorder aucune subvention à un tel projet et de resserrer drastiquement la surveillance de la gestion municipale. La commission Charbonneau recommandait d’ailleurs de donner juridiction au Vérificateur général sur les municipalités, une recommandation encore inappliquée.

Le Réseau conserve l’idée de deux casernes à Rivière-du-Loup, dont une en basse ville. En ce qui concerne la haute-ville, puisque le carré Dubé s’avérerait, bien que dans une moindre mesure, vulnérable devant les normes d’évacuation de certains produits dangereux transportés par train, il avance l’idée d’une caserne à l’intersection de la rue Témiscouata et de la voie de contournement du boulevard Industriel. Celle-ci desservirait bien la haute ville et les municipalités voisines par l’autoroute 20.

Ressources

Enregistrement audioCaserne Rosaire-Gendron en zone à risque: pas un facteur, dit la mairesse Vignet [3m15s]
CIEL-FM, le 7 janvier 2019