Réseau d'information sur les municipalités — MRC de Rivière-du-Loup

Actualités

Proximité des écocentres: le préfet contredit par des rapports

26 mars 2018

Le Réseau d’information sur les municipalités revient à la charge pour demander une meilleure stratégie dans le déploiement des écocentres de la MRC de Rivière-du-Loup.

Début mars, le Réseau avait appelé à l’ouverture d’un écocentre desservant Saint-Antonin, Saint-Modeste et Saint-Épiphane, qui totalisent ensemble 6300 habitants, en plus de remettre en question l’accessibilité de l’écocentre de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup.

Lors de la séance de la MRC du 20 mars, le préfet Michel Lagacé a rejeté cette option en indiquant que les populations de Saint-Antonin ou de Saint-Cyprien utilisaient activement les écocentres les plus près.

Or, le Réseau dévoile des données issues de la Co-éco, qui gère les écocentres, révélant une toute autre réalité. Selon ces données collectées en 2014 et 2015, les citoyens de municipalités desservies directement par un écocentre participent massivement (Rivière-du-Loup, Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup et Saint-François-Xavier-de-Viger), mais dès que les citoyens doivent changer de municipalité sur une certaine distance pour trouver un écocentre, la participation est faible (Saint-Antonin, Saint-Paul-de-la-Croix, Saint-Cyprien) ou presque inexistante.

Ainsi, malgré les propos de Michel Lagacé, seulement 11 % de la population de Saint-Antonin et 8 % de la population de Saint-Cyprien a bel et bien utilisé un écocentre en 2015. En comparaison, c’est 72 % des citoyens de Rivière-du-Loup et 67 % des citoyens de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup qui ont bénéficié de leur écocentre respectif.

Pire, bien que le nombre de visiteurs des écocentres ait augmenté de plus de 20 % entre 2014 et 2015, cette hausse est presque totalement attribuable aux municipalités desservies, et aucune municipalité non desservie n’a subi de variation importante de son ratio de participation. Cela signifie que la « non-participation » dans les municipalités non desservies est un phénomène stable. En moyenne, la participation n’a augmenté que de 1 point de pourcentage par rapport à 2014 dans ces municipalités.

Souhaitant que la MRC fasse preuve de vision dans le dossier des écocentres, le Réseau presse le préfet de cesser de baser ses décisions sur ses impressions personnelles et d’établir une stratégie basée sur les données probantes fournies par la Co-éco.

Notons au passage que la Co-éco a recommandé, dans deux rapports distincts de 2014 et 2015, l’ouverture toute l’année de l’écocentre de Rivière-du-Loup, utilisé par près de 15 000 personnes en 2015, et de le doter dans un premier temps d’un accès à l’électricité, à l’eau potable et à Internet. La Co-éco recommandait aussi d’aménager un lieu où travailler à l’abri du soleil, du froid ou de la pluie. Autant de recommandations que le Réseau a toujours soutenues et que la MRC a refusé de s’engager à mettre en œuvre malgré son investissement de 625 000 $ dans le réaménagement de l’écocentre en 2018.

Ressources

Enregistrement audioEntrevue avec le préfet Michel Lagacé [17m3s]
CIEL-FM, le 7 mars 2018
Enregistrement audioLe Réseau veut une consultation publique sur les écocentres [1m5s]
CIEL-FM, le 15 mars 2018