Réseau d'information sur les municipalités — MRC de Rivière-du-Loup

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La SÉMER très loin de ses objectifs de collecte

14 septembre 2017

La SÉMER peine à atteindre ses objectifs de collecte, selon des documents obtenus par le Réseau d’information sur les municipalités.

Les projections du volume de matières indiquent que la SÉMER planifiait de recueillir 60 % du potentiel de matières putrescibles des MRC participantes. Or, la collecte actuelle se rapproche de seulement 20 %. Les MRC de Rivière-du-Loup, de Kamouraska et des Basques participent à la collecte.

Le gouvernement du Québec a annoncé il y a plusieurs années qu’à partir de 2020, il serait interdit aux villes d’enfouir les matières putrescibles. En conséquence, ce sont plus de 10 700 tonnes par an que les trois MRC devront détourner du dépotoir par tous les moyens. En 2016, elles n’en ont récolté que 2050 tonnes. Pas moins de 25 000 tonnes par an sont nécessaires au fonctionnement à pleine capacité de l’usine de biométhanisation.

En 2013, la MRC de Rivière-du-Loup estimait que « partant de l’hypothèse plus conservatrice que la moitié des résidus alimentaires sont acheminés à l’usine (taux de participation de 50 %), il faudrait doubler la clientèle de l’usine pour obtenir 25 000 tonnes de matières organiques ». Cette hypothèse « conservatrice » représentait 1432 tonnes de déchets alimentaires résidentiels seulement dans la MRC de Rivière-du-Loup. En 2016, la totalité des matières récoltées dans la MRC a été de 1122 tonnes, toutes catégories confondues.

Malgré des déclarations répétées, la SÉMER n’a toujours pas produit ni vendu de biogaz exploitable. Les responsables estiment que la quantité de matière n’est pas suffisante. Le maire de Rivière-du-Loup Gaétan Gamache a annoncé que la collecte rejoindrait bientôt les condos et les petits logements.

Pour augmenter la collecte de l’usine de biométhanisation, des municipalités ont aussi sous la main des règlements adoptés discrètement rendant obligatoire l’usage du bac brun sous peine d’amende, règlements qui n’ont pas encore été appliqués. La MRC estime que les incitatifs et la sensibilisation suffiront. D’autres méthodes consistent à refuser tout autre moyen de collecte. Par exemple, la municipalité de Saint-Modeste a refusé de participer à un projet pilote privé de récolte à des fins de compostage en 2014, alors que l’usine n’était pas encore prête, car elle craignait de priver la SÉMER de précieuses matières putrescibles dans le futur.

En 2014, l’actionnaire privé de la SÉMER, Terix Envirogaz, s’était départi de 40 % de ses parts dans la SÉMER, reprises par la MRC et la Ville. La même année, le député Jean D’Amour s’était publiquement inquiété de la viabilité du projet.


Mots-clés : SÉMER